Ego - Dialogue

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Le travail de Hal et Sidra Stone ou repenser l'ego

VDS n°73

Auteur : Véronique Brard


Souvenez-vous, plusieurs routes, même destination.

Actuellement, nombre d'enseignants spirituels nous proposent de vivre davantage à partir des énergies du cœur, et pour un nombre grandissant d'êtres humains aimer est ce qui sauvera notre planète... Mais « comment aimer ?» reste la question majeure.

Nous ne pouvons répondre à cette question sans aborder le concept d'ego. L'information commence à poindre que, tout comme le corps ou la psyché, l'ego est un outil nécessaire à l'être humain. Cependant une confusion persiste car la plupart des enseignants continuent à confondre l'ego avec certaines parties de l'être humain considérées comme des handicaps sur la voie spirituelle ou des obstacles à vaincre pour construire un monde plus fraternel.

Dans une vision différente, cependant, il n'existe aucune partie de nous qui soit un obstacle à la vie spirituelle ou qui doive être mise de côté pour réaliser la « Nouvelle Terre.» Il existe par contre, une nécessité urgente à repenser l'ego. Mettre en route un processus d'ego conscient est l'une des voies possibles. Ce concept d'ego conscient, nous le devons à deux grandes personnalités dans le monde de la psychologie, Hal et Sidra Stone.

Hal et Sidra Stone sont deux psychologues et psychothérapeutes américains, deux chercheurs en psychologie qui, par amour l'un pour l'autre, ont voulu comprendre ce qui se passait au sein de leur couple. Durant des années, ils ont observé leur interactions, observé quand l'amour se perdait et pourquoi, quand l'amour grandissait et pourquoi. Cela les a mené à proposer une définition très particulière de la conscience basée sur la réalité de la psyché humaine et à développer un nouveau concept : celui d'ego conscient. Dans leurs ouvrages et dans la méthode de travail proposée, à savoir le Voice Dialogue, la relation à soi, la relation à l'autre, la relation à l'univers ou à « Dieu» est revisitée et éclairée d'une façon à la fois pragmatique et novatrice. Tous deux se considèrent comme des enseignants psycho-spirituels car ils ont construit un pont concret entre la psychologie et la spiritualité. Leur spiritualité prend en compte la réalité psychique et la réalité physique de l'incarnation.

Pour les présenter rapidement, disons qu'ils ont, l'un et l'autre, occupés des postes importants au sein de la société. Hal a été à l'avant garde du concept de santé holistique. Il a créé en 1973, à Los Angeles, le premier centre de santé holistique avec de nombreux autres chercheurs aux concepts et pratiques d'avant garde. Son livre, « Embrasser le ciel et la terre», retrace l'évolution de conscience qui a été la sienne à cette époque. Sidra a une longue expérience de psychologue clinicienne et de thérapeute, expérience qu'elle a mis au service d'un centre pour jeunes filles en rupture de liens, en tant que Directrice, avant de diriger les Services Psychologiques de Delos, une clinique privée, contrepartie de l'Académie de Delos créée par Hal pour former les thérapeutes.

Ensemble, Hal et Sidra ont développé à la fois une théorie et une pratique dont ils présentent la genèse dans le fascicule en téléchargement gratuit sur ce site :






Les voir retracer leur chemin, c'est suivre deux êtres humains doués, engagés personnellement dans leur parcours de chercheurs : leur travail est le fruit de leur recherche conjointe sur eux-mêmes.

Nous allons vous présenter en quelques mots les différentes étapes de ce travail, nous vous renvoyons au fascicule cité plus haut pour les approfondir. Puis, nous apporterons notre éclairage sur le terme d'ego si malmené à notre époque.



Le travail de Hal et Sidra Stone

Hal et Sidra ont mis en lumière le fait que chaque être humain a une personnalité, constituée d'une multitude de subpersonnalités. Ils ont créé le Voice Dialogue, une méthodologie servant à interviewer chacune de ces subpersonnalités. Voix, énergie, self, partie, moi étant des termes employés comme des synonymes dans leur travail.

Dans les années 90, en France, le Voice Dialogue a été nommé le Dialogue Intérieur. Je suis revenue à l'appellation originale à la demande de Hal et Sidra qui désiraient, dans la mesure du possible, que ce terme reste non traduit et identique dans chaque pays où leur travail était diffusé.

La psychologie des subpersonnalités est la théorie qu'ils ont développée à partir de cette découverte très concrète : l'existence de différents « je» chez un être humain. Le point culminant de leur travail été la découverte de la possibilité de développer un processus d'ego conscient : la possibilité de se désidentifier d'une subpersonnalité en intégrant ou en embrassant son opposé. Pour comprendre ce que « se désidentifier» veut dire, sans doute est-il nécessaire de définir le fait d'être « identifié» à une énergie... Être identifié à une énergie est simplement notre manière quotidienne de vivre : une énergie occupe notre corps et notre psyché, la partie active, responsable, généreuse ou spirituelle, par exemple, et nous agissons automatiquement suivant les principes et préceptes de cette partie sans recul, ni possibilité réelle de choix. Cette partie dicte sa loi ou a sa vision du monde et de nous-même et nous obéissons. Le plus souvent cette manière d'agir vient d'un conditionnement de l'enfance, lutte contre un conditionnement de l'enfance ou essaie de mettre fin à une souffrance insupportable de l'enfance.

Le monde du développement personnel a intégré la notion de subpersonnalité, en retenant principalement celle de l'enfant intérieur. Hal et Sidra Stone sont à l'origine de cette mise en évidence des subpersonnalités et du concept de l'enfant intérieur mais, pour eux, la transformation ne vient pas du fait de découvrir son “théâtre intérieur”, ni son enfant intérieur, ni aucune autre subpersonnalité, mais bien de la capacité à développer un processus d'ego conscient par rapport à ces différents « je».

Puis est venu la compréhension de la dynamique relationnelle : notre façon automatique de nous relier à l'autre est un lien parent/enfant. Celui-ci se met en route dès la naissance dans le lien mère / nourrisson. L'enfant en nous se relie au parent chez l'autre, et l'enfant de l'autre se relie à notre subpersonnalité parent. Avec cette découverte, la théorie des schémas d'ancrage, ou schémas relationnels automatiques, a vu le jour. Cette théorie met en évidence les conséquences de la perte de la dynamique relationnelle lorsque nous sommes immobilisés, piégés, dans l'une ou l'autre polarité (enfant ou parent) avec sa conséquence dramatique : la perte du lien d'égalité.

L'énergétique est ce qui constitue l'essentiel de toute relation, c'est-à dire, au-delà des mots, la réalité vibratoire d'une énergie et la façon dont cette réalité vibratoire va induire, influencer, provoquer, souvent à notre insu, certains comportements chez l'autre ou chez nous.

Leur travail s'appuie sur la notion de lien énergétique ou d'absence de lien énergétique. Les subpersonnalités pouvant (entre autres) être séparées en deux grandes familles : celles qui s'occupent de nous procurer succès et sécurité dans le monde et celles qui sont en charge du lien.

Le travail systématique avec les polarités (les énergies ou subpersonnalités opposés) dans le but de les accepter et de les équilibrer a finalement transformé la psychologie des subpersonnalités en psychologie de l'ego conscient.



L'ego

Il est impressionnant d'entendre à travers des remarques devenues complètement banalisées combien les personnes suivant un chemin spirituel, ou tout simplement faisant un travail sur elles, ont pris l'ego pour cible... tout ce qu'elles détestent est censé venir de l'ego... l'ego est opposé au cœur ou aux énergies spirituelles.

En fait l'ego, ainsi désapprouvé et considéré comme un obstacle majeur au développement spirituel, voire à l'avènement d'une civilisation plus juste sur Terre, est le plus souvent confondu avec une subpersonnalité majeure, le mental rationnel, ou avec certaines autres qui nous semblent négatives comme l'égoïste, l'individualiste, l'agressif ou encore certaines subpersonnalités de pouvoir.

Cependant, si nous réalisons que nous sommes constitués d'une multitude d'énergies différentes, et qu'il nous faut garder un sens d'unité individuelle, le sens d'un « je» global pour fonctionner dans la vie, nous devons réhabiliter le concept d'ego... et, vu le nombre d'énergies qui nous traversent ou nous habitent, remercier cet ego d'être présent.

Il est certain que nous sommes en quête d'unité entre tous les êtres humains. Le concept « nous sommes tous reliés», voire « nous sommes tous Un», qui a toujours été explicité par les sages, a été revisité de manière inattendue par la physique quantique, et prend de plus en plus d'importance et de sens pour un grand nombre d'êtres humains. Cependant, cette unité, dans sa phase actuelle, est une unité entre des individus conscients de leur individualité et du lien entre tous. Actuellement, nous en sommes à expérimenter cette unité-là ; et cette expérience demande la présence d'un ego pour avoir un sens global d'identité et pour témoigner ou partager nos expériences. Il ne peut exister de conscience de l'expérience, sans un ego qui dit « je»...

Toute expérience faite par une énergie ou un système énergétique particulier ne peut devenir consciente et s'exprimer qu'à travers un « je» particulier, à savoir une subpersonnalité. Le cœur, lui-même, ne peut s'exprimer qu'au travers d'un « je» : le « je» qui exprime les énergies du cœur.

Si la volonté de la personne est de ne devenir que le « je» du cœur, elle va mettre à la porte toutes les autres parties d'elle-même. Elle va nommer ces autres parties, non centrées sur le cœur, « l'ego» et lutter contre lui.

Dans notre conception, le « je» exprimant le cœur fait partie de l'ego comme tous les autres « je» exprimant d'autres énergies. Notre but est qu'aucun « je» ne soit mis à la porte. Notre rêve est de mettre un terme à la guerre et à l'opposition entre ce qui est vu comme spirituel et ce qui est vu comme non spirituel. L'ego conscient ne met à la porte aucun des « je» ou subpersonnalités dont l'individualité est composée. L'énergie première est neutre, elle est, tout simplement. Elle se différencie et se colore pour le pire et le meilleur ; cette coloration est qualifiée de bonne ou mauvaise en fonction des différentes cultures, civilisations et sociétés humaines.

S'il existe notre personnalité, et un ego global issu de cette personnalité pour poser des choix de vie, il existe aussi autre chose... Toute mère sait que son enfant, dès sa naissance, a une vibration, une signature particulière. Cette vibration unique à chacun, qui porte notre signature à travers tout le cosmos, nous la nommons l'essence. Cette essence ne peut s'incarner sur terre, s'y exprimer, qu'au travers de notre corps et de notre personnalité gérée – ou non gérée -par un ego.

Les énergies, nommées subpersonnalités (selves), sont les briques dont est constituée notre personnalité. Vouloir se débarrasser de l'une d'entre elle est dangereux : l'énergie va devenir souterraine, se vriller et agir à notre insu. Nous ne pouvons supprimer aucune de nos énergies sans alimenter le réservoir d'ombre planétaire. Nous pouvons, cependant, construire un espace d'ego conscient qui peut contenir et devenir le gardien avisé et aimant de toutes nos énergies ; un espace d'intelligence et d'amour qui comprend, accepte et contient, avec délicatesse, les parts de nous que nous ne désirons plus utiliser, ou moins utiliser, et qui en connaît les cadeaux. Leur principal cadeau étant la possibilité d'équilibre qu'elles génèrent dans notre psyché et dans notre vie.

Dans cette façon d'interpréter notre réalité, il est nécessaire de comprendre que, lorsque certaines énergies ont été reniées, elles se vrillent et se déforment ; ces énergies-là ne viennent plus pour équilibrer la psyché : elles révèlent le déséquilibre. Si le pouvoir est renié, par exemple, le tyran, l'abuseur, le Nazi et autres bourreaux vont se développer. La psyché est alors divisée entre des parts victimes et vulnérables et ces parts de pouvoir dévié. Cette structure signe le manque d'équilibre entre les pôles vulnérabilité et pouvoir. Une telle construction est la séquelle d'une enfance dans laquelle un pouvoir sain n'a pas pu se développer harmonieusement.

Le mental rationnel est certainement le roi de notre psyché et, certes, si nous voyons la vie et l'être humain uniquement avec ses yeux, il nous limite considérablement. À n'en pas douter, nous devons apprendre à voir par d'autres yeux que les siens. Se désidentifier est la solution ; non vouloir écarter de notre vie une énergie qui nous est, à d'autres niveaux d'incarnation, très utile. Nous pouvons fonctionner avec notre cerveau gauche et ne pas mettre à la porte les informations du cerveau droit, celui qui nous donne le sens de l'unité et d'appartenance au Tout. Le mental rationnel ne peut pas le faire, l'ego, lui, peut contenir ce mental rationnel et toutes les autres énergies qui lui sont opposées, celles qui portent, entre autres, les perceptions subtiles, les sentiments et les émotions.

Il en va de même pour l'arrogance, l'égoïsme et toutes les énergies que l'on confond volontiers avec l'ego. Ce sont des énergies qui peuvent, au sein de l'ego en processus d'ego conscient, être équilibrées, et qui nous permettent d'être au final des individualités équilibrées, sachant donner et recevoir, prendre soin d'elles-mêmes et des autres, et en désir d'unité.

Si nous désirons retrouver notre possibilité d'être vulnérables, la vulnérabilité étant au cœur de notre capacité à aimer, à créer des liens, à construire la paix, nous avons besoin, de l'autre côté, de nos parties de pouvoir, pour ne pas nous retrouver assis sur la chaise de la victime.

Si nous désirons développer les énergies du cœur, nous avons besoin de nos énergies égoïstes pour ne pas devenirs des personnes frustrées et amères. Se désidentifier de toute énergie et pour cela accepter sa polarité est le jeu qui nous conduit à être libre et à poser de véritables choix au-delà de nos conditionnements d'origine.

Dans cette vision, tous nos « je» font partie de l'ego, tous sans exception, ceux qui portent les énergies du cœur comme ceux qui sont plus en lien avec l'âme ou avec l'Esprit. L'ego ne se résume pas aux parties désavouées ou rationnelles de nous, tout « je» qui agit, respire, prie, médite, chante ou est conscient fait partie de l'ego.

Certaines parts de l'égo ne peuvent pas pardonner, d'autres pardonnent par nature. Certaines parts de l'ego ne peuvent pas lâcher prise, d'autres sont le lâcher prise incarné. Limiter l'ego à quelques subpersonnalités majeures, c'est perdre le moyen de nous désidentifier de N'IMPORTE QUEL « JE»... or même la part la plus lumineuse de nous, peut, s'il existe une identification, en venir à haïr son ombre.

Nous savons tous que la lumière attire l'ombre ; je le conçois ainsi : si vous êtes identifiés à aimer, vous allez vous mettre à haïr tous ceux qui n'aiment pas... l'ombre sera aussi vaste que la lumière.

Se désidentifier est la porte de sortie. Développer un ego capable de contenir tous les opposés, et d'avoir un sens global de lui-même, est un chemin qui mène à l'amour de soi et à l'amour de l'autre. Notons que l'individu acceptant cette globalité ne peut que continuer à accepter tout ce qu'il découvre de lui-même ou des autres, tout le long de sa vie, voir dans d'autres univers...

Il est dangereux de confondre l'une de nos énergies avec l'ego ou de réduire l'ego à l'une ou l'autre de nos énergies, car nous allons chercher automatiquement à nous débarrasser de cette énergie. Nous penserons ainsi être libérés de l'ego, être « sans ego» ou « en dehors de l'ego». La seule chose que nous perdons est la possibilité de nous désidentifier de cette partie qui dit « je». Considérer une partie comme l'ego et, du coup, vouloir s'en débarrasser, c'est laisser la place à l'un des aspects de la dualité sans aucun moyen de s'en désidentifier. Cet aspect a notre préférence. La préférence de qui ? celle d'un « je» appartenant à l'ego... Sans le jeu des contraires, nous n'avons moyen de reconnaître ce à quoi nous sommes identifiés ; nous perdons la capacité d'embrasser la totalité de ce que nous sommes.

Autrefois, bien des traditions spirituelles méprisaient le corps, actuellement, le corps est largement réhabilité et reconnu pour ce qu'il est, un allié précieux dans cette incarnation, le temple de la Présence. L'ego cependant, ou certaines énergies humaines, restent méprisées. Il nous reste une marche à franchir : ne rien mépriser de ce que nous sommes et des outils qui sont les nôtres sur cette planète (et peut-être dans d'autres). Toutes les énergies ont leur utilité dans cet équilibre entre vulnérabilité et pouvoir que nous devons découvrir pour incarner notre vision dans, avec, à travers ce corps terrestre : des êtres conscients de l'amour et rayonnant l'amour sur Terre.

Toutes les traditions actuelles cherchent à nous mener là, et toutes parlent de l'amour de soi, comme d'une première étape. Comment s'aimer, sans se réconcilier avec notre ego ? Ce sera plus facile si nous lui redonnons son rôle premier : gérer, équilibrer, accepter et prendre soin de la multitude des énergies, celles qui sont les nôtres comme celles qui sont propres à la race humaine, garder un sens d'unité qui n'en exclut aucune, et cependant jouer la musique que nous désirons ; un chef d'orchestre n'oubliant personne car l'énergie oubliée, ou rejetée, agira comme la fée qui n'avait pas été invitée dans le conte de la Belle au Bois Dormant...

L'ego n'est pas une entité particulière, il est la somme des « je» conscients ou inconscients. Il nous donne le sentiment profond d'exister en tant qu'individu. Il est l'outil qui va nous permettre de décider et de choisir en tant qu'âme expérimentant la vie dans la densité particulière à la Terre. Et pour n'être piégés dans aucune identification à l'un ou l'autre des « je» qui forment cette individualité, nous nous servons des polarités.

Nous ne pouvons pas vivre sans ego, dès que nous devenons conscients de nous ou d'une expérience, dès que nous pensons, dès que nous nous exprimons, dès que nous choisissons une chose plutôt qu'une autre, l'ego est présent. Y compris lorsque nous choisissons de suivre le courant de la vie ou de nous en remettre à « Dieu» ou à la magie de la vie ou à Mère Nature.

Il n'est ni possible, ni souhaitable de se débarrasser de l'ego. Mais nous pouvons n'être identifiés à aucun de nos « je», pas même au « je» spirituel ou lumineux. Lorsque nous nous identifions à cette part de lumière sans l'équilibrer par celle qui peut apprécier et comprendre la matière, cette énergie qui aime la lumière devient davantage un critique qu'une part d'amour pour nous ou pour l'autre...

Lorsqu'un processus d'ego conscient est activé, nous devenons capables de nous désidentifier de n'importe quelle partie de nous : nous pouvons l'utiliser, la préférer, mais nous ne jugeons plus son opposé ; nous l'acceptons. Ce qui nous permet de ne pas rejeter et de ne pas juger nos plus précieux miroirs : les autres, lorsqu'ils incarnent la subpersonnalité ou l'archétype opposés à celle ou celui qui a notre préférence.

Le développement d'un processus d'ego conscient tel que le définissent Hal et Sida Stone à travers leurs livres et leur pratique est une expérience sans fin ; plus il s'approfondit plus il se renforce, et plus sa valeur comme démarche de paix avec l'autre et avec soi-même s'affirme.



Dieu habite notre inconscient

Peu à peu, la découverte et la compréhension des fonctionnements psychiques de l'être humain nous permettent d'entrer profondément dans l'expérience du Qui suis-je ? Elle nous ouvre à une réalité triple, la nôtre, celle de l'autre et celle qui nous dépasse, celle que chacun nomme à sa manière mais qui n'est jamais entièrement contenue dans les mots qui la nomment.

Nous passons d'un questionnement, comme “Comment faire pour que ma vie de couple ne s'effondre pas ?”, à une expérience : celle de la réalité d'une intelligence qui dépasse notre individualité et qui vient nous ouvrir à nous-mêmes, à travers les difficultés rencontrées. Cette Intelligence n'est en rien séparée de nous, ou hors de nous, elle communique avec nous par nos rêves, elle est à l'œuvre dans chacune de nos relations et dans tout ce que la vie nous propose. Elle n'a ni but ni morale autres que ceux de nous voir embrasser la totalité de ce que nous sommes.

Dieu habite notre inconscient”. La première fois où Hal a partagé avec moi cette vision, avec la tranquille et humble assurance qui est la sienne, nous étions tous les deux assis dans son bureau, dans cette très jolie maison de Thera, à Albion, sur une des collines proches de Mendocino, en Californie du Nord. Je ne comprenais pas très bien ce que cela pouvait vouloir dire mais j'ai senti que mes limites conceptuelles s'élargissaient. Quelque chose se mettait en route. J'avais eu cette même impression, bien des années auparavant, lorsque, dans ce même bureau, il m'avait amené à faire ces extraordinaires expériences d'ego conscient qui ont enraciné mon amour et ma pratique du Voice Dialogue.

Je parle de Hal mais évoquer Sidra est le même plaisir. Tous deux ont été pour moi, comme pour beaucoup d'autres, bien plus que des thérapeutes doués. Ils ont été les parents spirituels qui permettent la pacification du mental et du cœur, la rencontre avec l'âme et l'Esprit, bref qui donnent le soutien et l'amour nécessaires pour prendre son envol et vivre sa vie.

J'avais nommé mon premier livre « L'ego conscient ou comment chevaucher le vent», ce titre, jugé peu porteur par mon éditeur et son équipe a été transformé en « La vulnérabilité, clé des relations». Ce premier titre rendait bien ce qu'était, à cette époque, mon expérience du processus d'ego conscient : chevaucher le vent, bon ou mauvais, et non se laisser balayer par lui. Se laisser emporter, certes, mais dans une complicité active : aligner son pouvoir individuel avec celui de la vie, tout en acceptant sa puissance et son impuissance, ses forces et sa vulnérabilité.

Depuis toutes ces années où j'enseigne à mon tour comment induire et nourrir ce processus, et où jour après jour, je continue le mien, je reste passionnée. Ce cadre psycho-spirituel jamais critique, jamais “trop court” me permet d'avancer sans tension vers cette Présence amoureuse qui habite l'inconscient, et qui peut au final devenir un parent aimant pour notre enfant intérieur blessé, hypersensible, avec lequel elle cohabite volontiers. Toutes les forces archétypales d'ombre et de lumière propres à l'être humain sont alors baignées dans la bienveillance de cette Présence qui illumine tout et ne renie rien.

Le processus d'ego conscient, ou le fait de devenir de plus en plus conscient d'une énergie et de son opposé, et d'intégrer les deux, peut alors s'appuyer avec bonheur sur cette Présence amoureuse, la présence de la Source en nous, de Dieu, de l'Intelligence de la Vie, en nous.

Développer un processus d'ego conscient est une réponse concrète, pratique, possible, à la question « Comment s'aimer ? Comment aimer l'autre ?»

Nous aimerons toujours l'autre de façon conditionnelle : nous l'aimerons dans la mesure où nous ne serons pas blessés par lui... ou dans la mesure où nous pourrons prendre soin des blessures que le lien avec lui remettra en évidence... Mais nous pouvons nous aimer de façon inconditionnelle, et là se trouvent la guérison de nos blessures... et notre possibilité d'aimer l'autre de façon plus juste.

Développer un processus d'ego conscient nous permet de sortir de toute illusion spirituelle pour entrer dans notre réalité : ni tout puissants ni impuissants, ni abandonnés ni pris en charge, nous sommes uniques et parfaits ; nous pouvons accueillir tout ce qui existe en nous, comme en l'autre, choisir ce que nous voulons incarner et participer au monde, si nous le désirons, comme nous le désirons. Cet ego conscient, séparé du mental rationnel, peut sans problème inclure les subpersonnalités qui vont nous permettre de jouer notre rôle dans la société comme celles qui vont nous mettre en contact avec l'âme et l'Esprit. La reconnaissance de l'existence de la psyché, la compréhension de son fonctionnement, permettent d'accueillir les énergies du cœur et du corps blessés, de savoir en prendre soin, et de découvrir ce cœur et ce corps lumineux, plein de gratitude, intacts qui sont aussi les nôtres.

Si nous voulons changer le monde et que le monde se laisse faire, nous devons embrasser ce monde, l'intégrer sans nous laisser assimiler, l'élargir sans provoquer de rejet. Nous devons développer un processus d'ego conscient qui nous permette de sortir de “J'ai raison” pour entrer dans : « Nous avons deux points de vue opposés et complémentaires, voyons ce que nous pouvons faire et, surtout, gardons le lien de cœur...» ce qui va nous demander d'apprendre à reconnaître et à gérer notre agressivité, normale tant qu'il y a blessure. L'ego conscient, en processus constant de se désidentifier des énergies qui le composent, est un élément important pour amener la paix sur Terre et en chacun de nous.

Hal Stone a gagné en 2003 à Los Angeles le VIDA lifetime Award. VIDA est le sigle pour Vision, Innovation, Dedication et Achevement. Cette récompense lui fut remise pour l'ensemble de ses recherches et de son travail. Mon but est que ce travail, ces recherches soient mieux diffusés en France. C'est un apport majeur, pour la psychologie, la spiritualité, la philosophie, mais surtout ce sont les principes de base dont nous avons besoin en tant qu'individu, en tant que couple, en tant que parent, en tant que société pour dépasser les difficultés et paradoxes actuels et apprendre très concrètement à aimer, en commençant par nous aimer nous-mêmes.

Véronique Brard, Saint-Estève, mai 2012

En téléchargement gratuit (page Hal et Sidra Stone ou Ouvrages de référence) : « Les éléments fondamentaux du Voice Dialogue, des relations et de la Psychologie des Subpersonnalités. » Ce fascicule remplace « Processus d'ego conscient ». Ce dernier livre étant maintenant épuisé.


 
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